Il était une fois Alger en 1896

lundi 10 novembre 2008

Des vestiges datant de l'époque romaine découverts à la place des Martyrs


Des vestiges datant de l'époque romaine (IIe-IVe siècle) ont été découverts récemment, lors de sondages, à la place des Martyrs, a-t-on appris ce dimanche auprès de la direction de la Culture d'Alger.

"Pour le moment, la mosaïque n'a pas été entièrement dégagée", a indiqué M. Azzedine Fergui, archéologue à la direction de la Culture d'Alger, ajoutant que la 2ème phase des sondages "révèlera la consistance de cette mosaïque et les détails".
Outre la mosaïque, des pièces de monnaie datant de la même époque ont été également découvertes.

Il a été déjà mis à jour, il y a quelque temps, lors de la 1ère partie du même sondage, des vestiges datant de l'époque ottomane (16ème-19ème siècle).

Il est à rappeler que, toujours à la place des Martyrs, il a été découvert en 1994, dans l'îlot mitoyen à Dar el-Hamra une villa en péristyle avec une belle mosaïque dont la construction remonte à l'époque romaine.

"L'intérêt d'une telle découverte, c'est d'une part, nous avons une idée sur le sous-sol de la place des Martyrs, qui est un secteur sauvegardé, classé patrimoine mondial et, d'autre part, ceci permettra au projet du métro d'Alger de ne pas toucher des documents archéologiques très importants pour l'histoire d'Alger", a ajouté M. Fergui, précisant que les dernières pièces font actuellement l'objet d'une opération de datation.

Selon la même source, la 2ème phase des sondages débutera au cours des premiers mois de l'année 2009.
[ source ]
Par APS
La Tribune, édition du 10 Novembre 2008

dimanche 7 septembre 2008

Alger-Blida : 146 ans de navettes ferroviaires

Alger-blida

Cela fait 146 ans que la première navette ferroviaire d’Algérie transportait les premiers voyageurs par train, coïncidant avec la journée du 7 septembre 1862.


Il s’agit de la ligne Alger-Blida dont les travaux de terrassement commencèrent en 1858, exécutés par une main-d’œuvre militaire et suivant les consignes de l’empereur Napoléon III. Les festivités officielles annonçant l’inauguration solennelle de cette navette se sont déroulées quant à elles trois semaines auparavant. « Le soleil du 15 août 1862 se leva au bruit des salves d’artillerie qui annonçaient les solennités du jour.

L’Algérie, pour célébrer dignement avec toute la France la fête de l’Empereur, ajoutait au programme des réjouissances ordinaires l’inauguration de son premier chemin de fer…cinquante kilomètres de distance, mais c’est le commencement d’un réseau qui va bientôt s’étendre de tous les côtés... », écrivît le célèbre journaliste poète et écrivain français de l’époque, Théophile Gautier, lequel figurait parmi la délégation. D’après des écrits historiques, c’est à 8h40 que la locomotive arriva à Blida avec des roulements de tambour et de vives acclamations de la foule.

Comme quoi, un fait unique et extraordinaire à la fois qui venait de se produire. Ce fait unique des années 1800 serait semblable à la conquête spatiale des années 1960. Plusieurs discours furent lus pour marquer l’événement, dont celui du maréchal Pélissier, gouverneur général d’Algérie à l’époque. Nous avons appris également qu’à l’occasion de cette inauguration, un banquet réunissait de hautes personnalités politiques, des écrivains journalistes, le sous-préfet, le maire de Blida, ainsi que des responsables du chemin de fer au niveau du Bois sacré, jardin d’oliviers qui existe toujours, entourant la sépulture de Sidi Yakoub, un saint musulman, venu du Maroc.

L’inauguration de la ligne ferroviaire Alger – Blida provoqua aussi une grande fête dans la capitale qui avait duré jusqu’à une heure très tardive de la nuit avec des tirs de feux d’artifice sur l’esplanade de Bab El Oued et la décoration des immeubles où d’innombrables jolis lampions avaient transformé en ambiance de jour cette nuit exceptionnelle. Depuis, le transport par chemin de fer n’a pas cessé d’évoluer en jouant un rôle important dans la desserte des ports et des grands centres urbains de la bande côtière, arrivant jusqu’à 4320 km de voie ferrée.

Son évolution a été en rapport notamment avec les activités agricoles, minières et industrielles, et surtout la croissance et le déploiement des populations au niveau des importantes banlieues d’Alger, Annaba et Oran. Ce transport possède un appréciable impact sur la croissance économique, tout en étant le complément essentiel aux autres modes. Moins polluant, plus sûr et plus économique en matière de consommation d’énergie, il ne défigure en outre pas l’environnement et contribue au désenclavement des zones déshéritées.

A titre d’exemple, un train céréalier complet équivaut à 55 semi-remorques, ce qui permet d’éviter la circulation routière et ses nombreux aléas : dommages corporels et matériels… Durant les années 1990, ce secteur a connu des périodes de « laisser-aller », en étant surtout victime des sabotages terroristes. Actuellement, une politique de redynamisation est mise sur « rails » à travers, notamment, l’électrification et la réalisation de nouvelles lignes, ainsi que l’acquisition d’un matériel et d’équipements modernes. Pourvu que le train arrive à l’heure…

[ source ]
Par Mohamed Benzerga
El Watan, édition du 07 Septembre 2008

lundi 28 juillet 2008

Le palais de la princesse Khadidja

Dar Khedaoudj El Amia, miroir enchanteur d’une belle époque

Dar KhedoudjaLe palais de la princesse Khadidja, « Dar el Bakri » ou encore «Palais de Khedaoudj el Amia», autant de noms donnés à ce monument historique planté au cœur de la médina d’Alger, est un incontournable lieu de souvenirs et de méditation qui s’ajoute aux nombreux sites que compte le patrimoine culturel matériel de l’Algérie.
Niché dans une venelle de la basse Casbah, ce palais qui abrite le Musée national des arts et traditions populaires refuse d’abdiquer et livre un combat têtu à son pire ennemi, le temps. Il se dresse dans toute sa splendeur pour rappeler une époque révolue mais ô combien dense et intense. Un rappel lancinant pour les générations qui se succèdent.

La belle princesse et le miroir La légende raconte que la princesse Khadidja ou Khedaoudj El Amia (l’aveugle) était d’une rare beauté. Elle passait le plus clair de son temps devant sa glace, se contemplant et admirant son charme que l’on disait hors du commun. Elle changeait de tenue et de coiffure plusieurs fois par jour, corrigeant une imperfection ou redressant une mèche rebelle qui ferait offense à cette apparence qu’elle voulait unique.
Le maquillage était, de toute évidence, trié et savamment choisi pour rehausser encore plus ses traits. Son narcissisme allait grandissant tant elle se trouvait belle au-delà de ce que l’on peut décrire. Son souci du détail, qui la maintenait rivée à son miroir, lui fit perdre la vue, dit-on.
Une autre version impute la cécité de la princesse au khôl (tracé des yeux) qu’elle utilisait pour souligner ses yeux. L’excès de ce fard aurait été la cause de ce drame, selon certains.
Edifiée en 1570 sur le site appelé Souk el Djemaa dans la basse Casbah, sur les ruines de la zaouïa et du mausolée de sidi Ahmed Ben Ali par un officier de la marine ottomane, en l’occurrence Rais Yahia, la maison n’avait pas l’allure d’un palais mais simplement d’une grande demeure. Elle avait été acquise par Khaznadji Hassan Pacha, trésorier du roi ottoman sous l’ère du dey Mohamed Ben Othmane qui y a introduit des modifications et des extensions, lui conférant l’aspect d’un palais qu’il a offert à sa fille Khadidja El Amia.

Et Napoléon usurpa la demeure
Après l’invasion de l’Algérie par les Français, en 1830, les propriétaires des lieux ont été délogés, moyennant une somme modique, et le palais est devenu le siège de la première mairie française d’Alger. Mais devant la magnificence des lieux, l’empereur Napoléon III et sa femme Eugénie ont décidé d’y élire domicile à partir de 1860. Chaque fois que l’empereur venait à Alger, il se rendait directement à ce palais.
Le palais conserve jusqu’à nos jours son cachet architectural authentique.
Un portail imposant de bois sculpté s’ouvre sur l’entrée principale qui mène à un long vestibule appelé «skifa» adossé à des colonnes en marbre torsadées. Quatre arcades sont alignées sur le côté gauche séparées par trois colonnes torsadées. Deux arcades longent le côté droit du mur de la skifa (vestibule) orné de faïences aux couleurs gaies appelées «zelaidj».
A l’étage se trouvent les chambres aux murs richement décorés, laissant transparaître l’art mauresque dans ses formes les plus raffinées et qui renseigne sur le niveau artistique et le faste qui a caractérisé l’époque ottomane.
Un connaisseur s’apercevrait vite des modifications purement européennes introduites sur les pièces du haut, et ce, à partir de 1860, date de la prise du palais par Napoléon III et son épouse Eugénie.
Pour accéder aux étages supérieurs, le visiteur doit emprunter un escalier lui aussi surmonté d’une coupole. Au dernier étage, se trouve le menzah (terrasse) qui donne sur la façade maritime, ce qui permettait aux occupants des lieux de respirer l’air revigorant de la mer, et aux femmes d’échapper à l’enfermement que proposent les pièces du palais.
Comme dans toute maison, le palais renferme les cuisines où se trouve un puits pour les travaux quotidiens, les bains et les salles d’eau.
Transformé en 1947 en un service de conservation de l’artisanat, le palais est devenu en 1961 Musée des arts traditionnels et un salon permanent pour les ateliers d’artisanat et des métiers anciens. En 1987, il devient le siège du Musée national des arts et traditions populaires.

L’édifice refuse d’abdiquer
Les chercheurs dans le domaine du patrimoine, les sociologues, les architectes et les fonctionnaires du musée se sont attelés à récupérer les pièces de musée, soit en les rachetant, soit grâce à des dons de pièces effectués par des citoyens ou des institutions.
Des pièces anciennes très précieuses, des meubles, des travaux de tissage, de dinanderie, de cuir et de bois représentant les différentes régions du pays sont exposés dans cette somptueuse demeure.
On y trouve des produits d’artisanat targuis et kabyles, des meubles algérois, des bijoux de Tlemcen, des tapis d’Adrar, des tissus d’ameublement tissés en fils de soie du M’zab et des pièces des Aurès.
La pièce centrale du musée est dédiée aux miroirs d’époque savamment travaillés et finement ornés, notamment celui qui aurait causé la cécité de la princesse.
Entre la légende et la réalité qui ont entouré ce site majestueux, la maison «El Bakri», comme il plaît aux Algérois de l’appeler, est là et bien là, remplissant sa mission historique, celle de rester avant tout ce lien d’authenticité qui unit les générations. Plus de détail ...pour plus de détail voir algerieautrefois.com en cliquant sur le texte



[ source ]
Par Algérie presse service
Photo : S. Zoheir
La Tribune - Edition du 28 Juillet 2008

dimanche 27 juillet 2008

La Casbah d’Alger : Un trésor caché

Entre palais ottomans, anciennes synagogues reconverties en mosquées, cette Casbah, qui est la plus grande du Maghreb, est une véritable mosaïque de couleurs et de diversités culturelles. Classée patrimoine mondial de l’Unesco, elle recèle de véritables bijoux pour les regards les plus curieux.

« Sésame ouvres-toi », laissons-nous nous perdre dans des ruelles gorgées de mystères… De la place des Martyrs, au pied de La Casbah, il est facile de se rendre compte de l’immensité de cette ancienne cité mauresque (60 ha). Le premier monument que l’on aperçoit est la mosquée de Ketchaoua construite en 1794. Elle fut transformée en cathédrale pendant la période coloniale, puis reprise par le culte musulman à l’indépendance. Monument matériel et historique, entre les pans de ses murs se cache l’histoire des frères Barberousse (fondateurs de la Régence d’Alger) et des deys ottomans qui ont laissé derrière eux bon nombre de palais.

Pittoresque patio
Une fois rentré dans les ruelles alentours, le reste de la ville se referme derrière le visiteur pour mieux l’accueillir dans les entrailles tortueuses et mystérieuses de La Casbah. Perchées en hauteur, les constructions sont des chefs-d’œuvre d’ingéniosité, puisque la plupart se situent sur des pentes raides et trouvent leur équilibre en se soutenant mutuellement, et quand l’une s’écroule, il arrive souvent qu’elle entraîne sa voisine dans son implacable chute. Un peu plus loin, un premier palais s’offre au flâneur. Rien n’indique qu’à l’intérieur de ses murs, aujourd’hui souffreteux, existe une douéra riche en faïence d’Elfe, marbre d’Italie et fontaines. Construites autour d’une cour intérieure, les salles arborent un décor infiniment détaillé, il suffit de lever la tête pour voir des arabesques sculptées à même le plafond ou encore des poutres ancrées depuis cinq siècles. Passé le premier étage, on accède à la terrasse avec une vue imprenable sur la baie d’Alger et sur les minarets des mosquées dressés tels des phares sur les toits de la ville. Au sortir du palais, l’esprit encore imprégné de l’élégance mauresque, il est possible de croiser sur son chemin une vieille dame portant encore l’habit traditionnel algérois. Dissimulée derrière un très grand voile immaculé la recouvrant de la tête aux pieds, le visage caché derrière le foulard, elle affiche un regard perçant. Encore quelques pas et l’on peut rencontrer un autre personnage, M. Tchoubane, le dernier véritable artisan de la vieille ville, encore au travail à 94 ans.

Le temps semble s’être arrêté dans cet atelier où il façonne le bois depuis plus de soixante-dix ans. Il est attaché à ses habitudes comme des repères dans une Casbah qui a connu beaucoup de changements irréversibles en si peu de temps. La modernité venue, à grands pas, n’a pas été un atout comme dans d’autres lieux ancestraux et touristiques, mais un élément de défiguration. Menacée d’être déclassée patrimoine mondial de l’Unesco, en raison des nombreux fonds destinés à la restauration qui n’ont, toujours pas eu effet sur le délabrement, La Casbah est en danger de mort. Sur les 8000 habitations répertoriées en 1830, il n’en reste aujourd’hui plus que 600. Il est presque ulcérant pour les anciennes familles habitant les lieux depuis des générations de voir autant de richesses disparaître faute de ne pas avoir réagi à temps, l’un des vestiges d’autant plus essentiel et leur sens de la culture indéniable qu’ils partageront volontiers avec l’étranger respectueux. « Les anciens nous donnaient l’impression d’avoir fait le tour du monde sans jamais avoir quitté La Casbah » , explique Kechkoul Roudouan, qui vit toujours dans la ruelle qui l’ a vue naître. Malgré ces innombrables pertes, une première visite dans La Casbah d’Alger restera sans doute dans la mémoire du visiteur, tant elle le fait voyager à travers les âges et les rouages de l’histoire qui ne cessent de la hanter.
[ source ]
Par D. R. Laoufi
El Watan, édition du 27 Juillet 2008

vendredi 18 juillet 2008

La Citadelle d'Alger

La citadelle d’Alger a été construite il y a près DE 500 ans sur les hauteurs de la Casbah


Plongée dans les arcanes et l’histoire de Dar Essoltane

citadelle d'AlgerAlger abrite encore des vestiges de renommée mondiale et des monuments historiques de grande valeur, certes en état de dégradation avancé mais qui n’en demeurent pas moins les témoins irremplaçables des différentes civilisations qui se sont succédé sur cette terre.
Une recherche historique approfondie sur ces constructions, qui forcent encore aujourd’hui l’admiration et le respect, s’avère appropriée pour en pénétrer les secrets et accéder aux clés du mystère qui habite ces lieux de rêve et de magie.
Peut-on alors parler des vestiges et des palais luxueux qui peuplent la capitale sans citer la citadelle d’Alger que l’on nomme aussi Dar Essoltane ou encore Palais du dey ? Cette œuvre d’art, dont la construction a commencé il y a presque 500 ans sur les hauteurs de la vieille médina (Casbah), surplombe la baie d’Alger, offrant à la vue l’un des plus beaux panoramas du monde. Située à 118 mètres au-dessus du niveau de la mer, la citadelle, dernière demeure des deys d’Alger, reste debout comme pour défier les aléas du temps et l’érosion qui la gangrène.

Le palais entre rêve et réalité
Le visiteur de ce lieu de majesté est agréablement surpris par ses pavillons richement décorés, ses couloirs sculptés, ses salles parées de luxe et ses piliers couverts d’ornements. En déambulant dans cet espace, traversant les siècles, vous voilà plongés dans l’ère ottomane risquant presque à chaque instant de rencontrer le dey Hussein ou le dey Khodja Pacha qui ont gouverné Alger avant 1930.
Une sensation agréable vous envahit en pénétrant dans l’aile réservée au dey, sentant presque sa présence assis avec majesté sur son trône. La stature haute, le dey se tiendrait là avec son allure de chef expérimenté et de militaire aguerri. Son imposante personnalité a également fait de lui un monarque hospitalier et généreux, un homme de foi et d’une grande noblesse d’âme.

Vie de palais, vie de faste et de luxe. L’aile réservée aux femmes réveille des images d’élégance et de raffinement. Les personnages des contes des Mille et Une Nuits semblent encore se mouvoir dans ces espaces, ombres furtives et fantomatiques qui ont, des siècles durant, occupé ces salles et d’autres chambres aux rideaux de soie et aux lourdes tentures de velours. L’imagination du visiteur le portera aussi vers ces femmes de toute beauté parées de bijoux sertis d’émeraudes, de perles et de diamants d’où fusent des parfums, essences d’ambre, de musc, de chrysanthème et de narcisse.
On peut aisément imaginer les longues soirées d’été juste interrompues par une brise légère venue de la mer toute proche. Nonobstant le bruit des travaux en cours et l’état de décrépitude des lieux, on peut presque, en empruntant les longs couloirs, sentir les parfums de fleurs qui embaumaient l’espace et l’odeur envoûtante de l’encens.
Habillées de kaftan, de saroual, de bedroun de satin et de soie de Chine, les femmes sont là, regroupées autour de tables basses d’ébène du Soudan incrustées de nacre, sirotant le thé et goûtant les mets les plus délicieux et les confiseries les plus fines faites d’amande, de pistache, de noisette et de miel pur.
Les servantes assises dans un des coins de la pièce, éventail à la main, attendent les ordres de leurs maîtresses pour que leur parvienne un peu de fraîcheur en ces chaleurs étouffantes. Des suivantes jouent des airs musicaux légers et reposants à l’image de ces après-midi qui semblent se prolonger indéfiniment. De temps à autre, des chants fusent, authentiques et agréables mélodies témoins d’une grande sensibilité et d’une culture riche et séculaire.

Cinq siècles et un parcours tout en mouvement
Construite au début du XVIe siècle, plus exactement en 1516, sous l’égide de Baba Aroudj, la citadelle a été achevée véritablement en 1591.
Au tout début, ce haut lieu était destiné à des activités purement militaires abritant des unités de l’armée des janissaires en remplacement de l’ancienne forteresse située près de la mosquée de Sidi Ramdhane à la Casbah.

La situation durera ainsi pendant un siècle, jusqu’en 1817, date à laquelle le dey Ali Khodja a décidé de quitter le palais «Djenina» (basse Casbah) qui abritait le siège du gouvernement d’Alger de l’époque, pour s’installer dans la haute Casbah et plus précisément dans cette citadelle où il mourut peu après.
Le bruit des sabots est encore perceptible sur ce sol désormais déserté gardant en mémoire pourtant les longues processions de cavaliers se pavanant sur des pur-sang racés piaffant d’impatience. Officiers et soldats janissaires se sont relayés en ces lieux nostalgiques faisant la gloire de leur cité, menant des batailles et portant haut une armée des plus redoutables en ce temps-là.

Son successeur, le dey Hussein Pacha, a apporté les transformations nécessaires à cette caserne de janissaires pour l’adapter aux besoins du dernier souverain d’Alger et de sa suite.
L’édifice, devenu siège du pouvoir, s’étend sur une surface de 1,5 ha et abrite l’aile réservée au dey qui entoure une immense cour de marbre blanc et où s’est produit le fameux incident du «coup d’éventail» à l’encontre du consul français en 1827, prétexte à l’invasion de l’Algérie en 1830. L’aile réservée aux femmes, ou gynécée, les salles de réunion ou diwan, la mosquée privée du dey et de sa suite, le jardin d’été, la poudrière et les cinq batteries réparties sur les différentes ailes du palais en sont les principales composantes.
Une autre aile a été érigée à l’intérieur de la citadelle et réservée aux beys d’Oran, de Constantine et de Médéa (ex-Titteri) pour leur séjour à Alger ou pour leur réunion avec le dey. Le monument renferme, d’autre part, la mosquée des janissaires et une poudrière pour la fabrication du salpêtre, unique spécimen architectural en Algérie et dans le Maghreb.
Dar Essoltane, comme il plaît aux Algérois de l’appeler, était par ailleurs dotée à l’époque ottomane d’un système exceptionnel d’irrigation et de distribution d’eau. Cet édifice était la résidence permanente du dey Hussein Pacha -dernier dey d’Alger- durant 12 années avant l’expédition française de 1830.
Durant les premières années de l’occupation française, ce lieu a été transformé en caserne de l’armée coloniale pour devenir ensuite un hôpital militaire. Le général De Bourmont en a fait, un peu plus tard, sa résidence.
Jugeant le style architectural du palais inadéquat avec la façon de vivre occidentale, il y apporta des transformations importantes.
La forteresse fut scindée en deux par une route, et le quartier qui jouxtait la Casbah où se trouvait la maison de l’agha ainsi que beït el Mel (ministère des Finances) fut complètement détruit afin d’isoler la forteresse.

L’aile du khodja, qui était premier responsable de la garde privée de Dar El Malik, a subi une destruction en règle tandis que les décorations et autres ornements des piliers ont disparu et des fenêtres ont été placées dans le pavillon réservé aux femmes sans rapport avec l’architecture originelle.
La mosquée des janissaires au sud de l’aile du khodja a, elle aussi, connu, durant la période coloniale, des transformations radicales, ce qui l’a complètement dénaturée.
Le palais du dey a été classé monument historique en 1887 tandis que la mosquée et la poudrière voisines furent aménagées, en 1930, en musée colonial militaire qui fut pillé par les Français à l’indépendance de l’Algérie en 1962.

L’urgence d’une résurrection annoncée
Désertée de ses occupants au lendemain de l’indépendance, la citadelle, abandonnée, a connu un état de délabrement avancé. Plus préoccupant encore, elle a été squattée par quelque 200 familles sinistrées qui en ont été délogées en 1978 lorsque la restauration de ce monument a été envisagée.
En 1992 pourtant, l’APC de la Casbah a décidé de transformer ce lieu en habitations, ce qui avait provoqué l’opposition vigoureuse -et finalement salutaire- de l’Agence nationale d’archéologie et de protection des sites et monuments historiques. Par bonheur, des travaux d’importance sont actuellement en cours pour sauver ce monument historique, partie intégrante du patrimoine national, et lui permettre de retrouver son lustre perdu tout en veillant jalousement à la préservation de son aspect architectural d’origine.
[ source ]
Par Algérie presse service
La Tribune - Edition du 17 Juillet 2008

vendredi 13 juin 2008

La Casbah : Opération de restauration délicate

Après la chute d’une partie de la balustrade et de la corniche au niveau des combles de la Chambre de commerce (ex-Palais consulaire), les deux minarets de la mosquée Ketchaoua et le clocher du minaret de Djamaâ Jdid sont ébranlés, d’où risque d’éboulement.

La direction de la culture de la wilaya a engagé un bureau d’études pour prendre en charge les deux opérations délicates, qui mobiliseront une enveloppe de quelque 25 millions de dinars, selon le chef de projet Cneru du secteur de sauvegarde de La Casbah, Abdelouahab Zekagh. La première opération, qui concerne la Chambre de commerce, consiste « à effectuer un cerclage métallique d’urgence de l’extérieur vers l’intérieur de la balustrade ; quant aux travaux de restauration des ouvrages des édifices culturels sus-cités, l’intervention est un peu spéciale, voire à la limite du chirurgical », précise M. Zekagh. Par ailleurs, il y a lieu de signaler qu’en aval de l’ex-boulevard de la Victoire (Haute Casbah), des vestiges témoignent d’un ouvrage de l’époque. Il s’agit d’un topanet (batterie) qui vient de faire l’objet d’une réhabilitation gauche. Ni le BET ni l’entrepreneur chargé de l’opération n’ont jugé utile de restituer les merlons (partie pleine d’un parapet entre deux créneaux) de l’ouvrage et ce, en respectant le caractère authentique des éléments architectoniques. Pour rappel, la mosquée Ketchaoua fut bâtie au XVIIe siècle (selon certaines sources historiques) par le dey Baba Hassan. La bâtisse fut transformée en 1832 en lieu de culte catholique et baptisée cathédrale Saint Philippe, avant d’être récupérée à l’Indépendance. Edifice surprenant par le mélange des styles romano-byzantin et turco-arabe, la mosquée Ketchaoua fut le centre d’un quartier animé entre la citadelle et la rade d’Alger. Quant à la mosquée dite Djamaâ Jdid, de rite hanafite, elle a été construite en 1660.
[ source ]
Par M. Tchoubane


El Watan, Edition du 13 Juin 2008

dimanche 8 juin 2008

Tipasa, espace rêvé pour
un tourisme culturel


Entre mer, montagne, soleil et trésors archéologiques


Tipasa, espace rêvé pour un tourisme culturel, attend son heure


Lieu de confluence entre histoire et nature, Tipasa n’en finit pas de faire rêver. Ses nombreux trésors archéologiques parsemés dans ses paysages naturels exceptionnels continuent de faire majestueusement vaciller entre le bleu salvateur de la mer et la chaleur caressante du soleil…
«Au printemps, Tipasa est habillée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros brouillons dans les amas de pierre…» C’est ainsi que Camus percevait Tipasa dans l’Algérie colonisée des années 1930. A peine du fond du paysage pouvait-il voir «la masse noire du Chenoua prendre racine» que ses grandes idées sur le monde, la solitude et l’absurde destin de l’homme s’ébranlaient pour donner vie à de grandes œuvres qui n’ont pas manqué de marquer la littérature universelle.

Aujourd’hui, il ne reste pas grand-chose des plantes grasses et violettes, jaunes, rouges et roses qu’il décrivait avec verve dans l’un de ses célèbres recueils, Noces. Et si les couleurs n’ont pas survécu à l’épreuve du temps, les odeurs de romarin en fleurs et le chant des insectes continuent tout de même à saisir les visiteurs qui s’y baladent. Tipasa n’a pas gardé tous les charmes qu’elle recelait par le passé -à en croire les descriptions de Camus- elle n’en demeure pas moins le site archéologique le plus visité du pays. Elle a accaparé à elle seule 53,12% du nombre total des visites de sites nationaux. Un succès que se partagent les 4 principaux espaces du site : le musée, le parc plus connu sous le nom de «Ruines romaines», le mausolée royale de Maurétanie communément appelé «Tombeau de la chrétienne» et, enfin, la «Sainte Salsa». Et ces quatre lieux de culture ont su captiver l’intérêt de 220 615 visiteurs tout au long de l’année 2007 et plus de 35 000 visiteurs durant le premier trimestre de l’année 2008. Et la question qui se pose d’emblée est de savoir si cet intérêt relève de la curiosité culturelle et d’une soif de découvrir des vestiges archéologiques ou bien d’autre chose. Nous sommes allées sur place pour le vérifier… mais également pour constater de visu le mode de gestion et d’entretien de cet espace rêvé pour le tourisme culturel.

Les ruines romaines, havre de paix pour les couples en quête de tranquillité A l’entrée du parc
archéologique, c’est dans l’amphithéâtre dont des pierres et des morceaux de mur subsistent encore que quelques silhouettes discrètement installées attirent les regards. Pas de spectacles dans l’arène ovale mais tout de même quelques spectateurs tempérés qui sont assis tout autour. Des spectateurs qui n’observent rien d’autre qu’eux-mêmes en fait ! Oui. Un couple ou deux parfois même trois viennent s’y installer… certainement pour savourer des instants romantiques volés aux interdits coercitifs de la société. Mais est-ce que ces amoureux clandestins s’intéressent un tant soit peu au patrimoine que recèlent les 45 000 hectares du site ? La réponse ne devrait étonner personne : bien sûr que non. Farid et Yasmina en témoignent : «Nous sommes des habitués, on aime bien cet endroit !» et c’est tout souriants qu’ils confieront ne pas savoir grand-chose des ruines. Un des gardiens fort sympathiques rencontré sur les lieux tentera d’expliquer l’attrait du site. Selon lui, ces jeunes amoureux aiment cet endroit isolé car il permet aux jeunes filles de passer du temps avec leurs prétendants sans être compromises. Un gardien qui s’est aussi révélé être un guide des plus agréables. Car, faut-il le préciser, les deux seules guides disponibles sur le site sont très difficilement accessibles.
Sur les allées traversées pour accéder au quartier des villas des traites dont le sol était pavé de belles mosaïques au IIe siècle après J.-C., il montrera les belles traces qui subsistent. Il parlera du théâtre qui se trouve à quelques mètres puis nous fera traverser des chemins ornés d’amphores et de sarcophages pour enfin arriver à la stèle érigée à la mémoire d’Albert Camus, offrant une vue imprenable sur l’écume des vagues qui déferlent et se brisent sur les rochers… et, comme pour rendre l’endroit plus exaltant, il ne reste aux visiteurs qu’à lire l’inscription sur la stèle signée d’Albert Camus : «Je comprends ici ce qu’on appelle gloire, le droit d’aimer sans mesure.»
Un petit coin qui a de quoi faire rêver bien des «Farid et Yasmina». Et la question posée plus haut trouvera rapidement sa réponse : Les visiteurs sont plus attirés par la beauté du site, le paysage idyllique, la mer, la montagne proche et le soleil propices au romantisme. Un cadre qui attire autant les jeunes rêveurs que plusieurs familles en quête de quiétude et de repos. Le patrimoine, la culture et les vestiges archéologiques sont incontestablement secondaires.

Des efforts à faire pour la promotion de la culture et du site en lui-même
Le musée de Tipasa se trouve à quelques mètres de la sortie du parc. Et pour découvrir la collection des pièces antiques qu’il renferme, nous y entrons en simples citoyens pleins d’enthousiasme mais l’accueil qui nous y a été réservé n’était pas des plus chaleureux. Nous avons eu droit à l’ébauche d’une visite guidée dans la grande et unique salle du musée mais qui a été malheureusement très vite interrompue. Il fallait que ce guide s’occupe d’une délégation de touristes étrangers ! Et quelle déception nous avons alors éprouvée en tant que simples Algérois que nous étions durant cette visite. Après avoir parcouru 70 km pour découvrir un bout de notre histoire, nous nous retrouvions délaissées et même carrément ignorées alors qu’à quelques mètres de nous, des touristes étrangers se trouvaient valorisés et même chouchoutés. Sans guides, sans documentations accessibles pour nous aider à bien découvrir le site, il ne nous restait qu’à retrouver notre gentil
gardien pour nous orienter…

Tipasa, site prioritaire de la stratégie globale de gestion et d’entretien
C’est donc ce gardien, dans un arabe bien algérois émaillé de petites expressions françaises, qui nous fera oublier notre déception et nous accompagnera dans notre découverte des lieux en nous faisant part de remarques et d’informations des plus intéressantes. Tout en parcourant le site, des questions sur la gestion et l’entretien se poseront d’elles-mêmes. Des questions auxquelles le gardien répondra spontanément et de bon cœur. «Les choses ont changé depuis deux ans. Ce n’est plus l’Agence nationale d’archéologie qui gère le site mais l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels [ONGEBC]», nous dira-t-il entre autres choses. Et pour en savoir un peu plus sur le mode de gestion et d’exploitation de ce joyau archéologique et naturel, rien de mieux que de se diriger vers l’ONGEBC, quittant momentanément les paysages mirifiques. Direction, donc, le siège de cet office dans la basse Casbah où le directeur général, Mohamed Dahmani, nous accueillera avec soin.
Bien des changements ont été opérés, selon ses déclarations. Entretenir une étendue de 45 000 hectares, et qui plus est représente le site le plus fréquenté du pays n’est pas chose facile quand les équipes d’entretien sont réduites. Mais à ce sujet, Mohamed Dahmani dira que des efforts incontestables ont été faits depuis l’installation de l’ONGEBC en janvier 2007. Il ne sera pas possible de connaître le coût global de l’entretien du site mais on apprendra par contre que les équipes de gardiennage ont doublé. Alors que les gardiens étaient 21 à assurer la sécurisation du site en 2006, ils sont actuellement 44 à s’y affairer. Et ils ne sont plus concernés par le nettoyage des lieux. Celui-ci est fait désormais par une équipe de 10 personnes qui effectue des rotations quotidiennes sur les sites de Tipasa et Cherchell. Retour sur le site pour établir un constat sur la question. A première vue, l’endroit est relativement propre mais il suffit de bien observer des recoins cachés et profonds pour y trouver une bouteille d’eau jetée ou quelques détritus par-ci par-là. Cependant, Mohamed Dahmani dira que l’ONGEBC est en phase d’installation et d’organisation, ce qui implique que bien des efforts restent à faire et sont d’ailleurs en cours. Il précisera également qu’en matière d’amélioration de l’entretien des sites archéologiques nationaux, Tipasa est une zone pilote et prioritaire. L’espoir est donc permis…

Vue sur le mausolée royal de Maurétanie, appelé à tort «Tombeau de la chrétienne»
Direction maintenant vers l’entrée de Tipasa.
A 261 mètres au-dessus de la mer, au sommet d’une colline couverte d’arbres se dresse le mausolée royal de Maurétanie appelé à tort « Tombeau de la chrétienne». Un monument qui date de l’époque numide et qui, par les mythes et mystères qu’il entretient mais surtout par ses atouts «géographiques» attire beaucoup de visiteurs. 12 406 personnes durant les trois premiers mois de l’année 2008, selon les chiffres de l’ONGEBC sont venues y savourer des moments de détente. Quelle ambiance y règne ? En cette fin d’après-midi d’une journée de semaine où le soleil réchauffe sans trop brûler, on y trouve pas grand monde, mais néanmoins un groupe de touristes français et deux incontournables couples ! Inutile de demander à ces jeunes amoureux ce qu’ils sont venus découvrir dans cet endroit puisqu’on le sait déjà. Direction, en revanche, vers les touristes français assis sur un bloc de pierre au pied du colossal mausolée. Leur visage illuminé par notre présence, ils ne nous laisseront pas le temps de poser la moindre question. Désorientés, ils mettront tous leurs espoirs en nous pour comprendre les origines de ce site. Eh oui ! l’absence de guides et de documentations pour s’instruire se fait encore douloureusement ressentir mais, cette fois, les étrangers à qui on déploie de coutume le tapis rouge se retrouvent dans le même bain que nous ! Il faudra attendre que notre collègue aille se procurer un guide que le restaurateur d’en face a bien voulu lui prêter pour en savoir un peu plus sur ce tombeau. Il s’agit en fait d’un mausolée qui a «certainement appartenu à une famille royale numide ou maure qui s’est richement fait enterrer dans ce cadre rompant avec la tradition». Il ne s’agit donc pas du tombeau d’une chrétienne…

Tipasa, l’espace rêvé pour développer le tourisme culturel
Quoi de mieux que d’exploiter les richesses culturelles et patrimoniales pour relancer la «Destination Algérie». Tipasa a cet atout exceptionnel de rassembler la mer, la montagne, le soleil et des vestiges romains des plus impressionnants. Organiser des manifestations culturelles à l’intérieur même du site. Le refleurir. Retracer ses allées. Mettre à la disposition des visiteurs de la documentation, des «flyers», des dépliants et puis, surtout, des guides bien formés et attrayants qui donnent envie à tous es visiteurs d’en savoir un peu plus sur notre culture. Organiser des sorties éducatives, des promenades pittoresques ou encore des événements à thème. Initier une véritable campagne promotionnelle sur ce lieu. Il s’agit là d’autant de moyens qui pourront permettre à Tipas d’accomplir sa vocation touristique. C’est le rêve qu’on s’est plu à faire avec Mohamed Dahmani lors de l’entretien qui s’est tenu au siège de l’ONGEBC après les visites sur le site. Et il en ressort que quelques petites initiatives qui se concrétiseront, selon le DG de l’ONGEBC, avant 2009 sont déjà lancées.
À savoir la disponibilité de dépliants à l’entrée du parc archéologique et l’établissement d’un point de restauration à l’intérieur même des ruines pour procurer plus de confort aux visiteurs. Pour le reste, il faudra attendre et, là encore, l’espoir est permis… Albert Camus a aimé Tipasa au point de ne jamais y passer plus d’une journée d’affilée car, écrivait–il, «il vient toujours un moment où l’on a trop vu un paysage, de même qu’il faut longtemps avant qu’on l’ait assez vu», ce qu’il faut espérer maintenant, c’est que ce site soit valorisé pour que les Algériens, d’abord, puis les étrangers viennent y voir ces paysages sauvages et mystérieux qu’on ne peut en réalité, même s’il faut contredire Camus, jamais avoir assez vus !
[ source ]
Par Fella Bouredji
Photo : S. Zoheir
La Tribune - 18-05-2008